Lauréat en 2025 du programme Prisme et du plan « Mieux produire / Mieux diffuser » du Ministère de la Culture, le Festival de l’Estran déploie le projet Sillages.

Le programme Sillages réunit de manière inédite des artistes et des institutions de territoires insulaires et hexagonaux, sur un temps long de coopération. Le projet Sillages révèle une géographie sensible des littoraux, où la création devient le vecteur d’une pensée critique des transformations territoriales contemporaines. L’ambition commune est d’occasionner des temps de prospection, de recherche, de production, de diffusion et de visibilité sur et depuis ces espaces souvent éloignés, tant physiquement que dans les imaginaires. Ces contextes côtiers et insulaires sont connectés par le soutien de la collectivité Lannion-Trégor Communauté dans le cadre du Festival de l’Estran et du ministère de la Culture grâce au dispositif national « Mieux produire / Mieux diffuser ».

Le Festival de L’Estran, Le Réseau documents d’artistes, Documents d’artistes Bretagne, Documents d’artistes La Réunion, Finis terrae – Centre d’art insulaire, La Station Culturelle à Fort-de-France et le cneai = Centre d’art s’associent pour aller à la rencontre des scènes artistiques de La Réunion, de la Martinique et de la Guadeloupe et pour permettre un accompagnement sur mesure à quatre artistes sélectionné·es dans le cadre de ce programme. Sillages a de singulier qu’il intègre toutes les phases essentielles d’une manifestation ambitieuse, basée sur la collégialité et l’hospitalité : de la rencontre à la maison, à la diffusion à grande échelle. L’itinérance rythme ainsi ce projet de son origine et jusqu’à sa diffusion nomade. Le Festival d’art de l’Estran 2025, qui aura lieu du 13 au 28 septembre 2025, sera le premier lieu d’accueil et de diffusion des œuvres produites. Une rediffusion est ambitionnée au cneai = et à la Station culturelle pour 2026.


Le projet se déploie autour de trois axes complémentaires, chacun conçu pour accompagner les artistes depuis la prospection jusqu’à la diffusion de leurs œuvres, en mettant en place une logique partenariale de collaboration à différents niveaux.


Se rencontrer et s’informer : un voyage de prospection à La Réunion et en Martinique
Les séjours de prospection dans les territoires sont essentiels pour engager des rencontres avec les artistes sur leurs lieux de travail, amorcer des échanges et poser les bases de futures collaborations. Ces déplacements permettent d’identifier les scènes artistiques locales tout en favorisant l’interconnexion entre professionnels, afin de stimuler des projets communs. Ce volet a permis de sélectionner Jean-Claude Jolet, artiste réunionnais et Guy Gabon, artiste guadeloupéenne pour le Festival de l’Estran 2025.


Co-production et accompagnement : soutenir la création des artistes

Le projet prévoit l’accueil de quatre artistes en résidence de recherche et création, pour la production d’œuvres en lien avec les paysages marins et littoraux. Jean-Claude Jolet et Guy Gabon ont été rejoints par Olivier Crouzel et Andreas Kressig, artistes également sélectionné·es dans le cadre du programme. Ces résidences, qui se sont déroulées en Bretagne au printemps 2025, ont offert aux artistes un cadre de travail propice à la création. Les résidents ont eu l’opportunité d’expérimenter et de créer des œuvres en résonance avec un nouveau territoire. L’accompagnement personnalisé des artistes a permis une mise en réseau renforcée, ainsi que des opportunités de rencontres avec des professionnels, tant au niveau régional qu’international.


Donner à voir : diffusion multiple pour une action durable

Ce projet s’inscrit pleinement dans une réflexion sur la création durable, en abordant les enjeux écologiques et la résonance des œuvres avec leurs territoires d’accueil. En favorisant des pratiques de création respectueuses de l’environnement et en mettant l’accent sur des formes de diffusion légères et réactives, il propose une nouvelle approche de la production artistique. De plus, il s’engage activement dans la reprogrammation des œuvres, en créant des opportunités de diffusion durable à travers des rencontres professionnelles et des collaborations avec des festivals et des lieux partenaires. L’objectif est de prolonger la vie des œuvres au-delà du Festival de l’Estran, assurant ainsi leur visibilité sur le long terme et leur contribution à une dynamique artistique interrégionale et écoresponsable.
Ce projet ambitionne ainsi de favoriser la rencontre entre les artistes, les territoires et les acteur·ices du secteur, tout en contribuant à la valorisation des œuvres et à la dynamique de collaboration interrégionale.

LES ARTISTES SÉLECTIONNÉ·ES :

De gauche à droite : Olivier Crouzel, Andreas Kressig, Jean-Claude Jolet, Guy Gabon

Olivier Crouzel

Né en 1973. Vit et travaille à Bordeaux.
Olivier Crouzel développe un art contextuel à la fois discret et monumental, mêlant projections vidéo, interventions in situ, films et photographies. Il augmente les espaces naturels et urbains en y projetant du vivant, des paysages et des récits, qu’il filme sur place ou qu’il transporte dans ses archives. Souvent, il intègre à son travail science et littérature. Il développe une pratique de terrain aux lisières de grands espaces naturels, sur les littoraux et les rives, dans les périphéries, aux frontières. Il travaille dans l’espace et dans le temps pour rendre compte des mouvements et des cheminements de son espèce et du monde. À travers ses observations vidéos souvent réalisées sur des temps longs, il crée des formes poétiques et contemplatives, propices au ralentissement, à la rêverie et au questionnement.

Voir son dossier édité par Documents d’artistes Nouvelle-Aquitaine : https://dda-nouvelle-aquitaine.org/olivier-crouzel

Andreas Kressig

Né en 1971. Vit et travaille à Genève.

Il est diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art Visuel de Genève et est Docteur en Media Art de la Kyoto City University of Arts, au Japon.L’œuvre d’Andreas Kressig est de celles qui s’habitent, se donnent à vivre autant qu’à voir. À partir d’assemblages de matériel de récupération et d’objets aux provenances plurielles (pièces de charpente, structures métalliques et circuits électroniques sont autant d’œuvres en devenir), il crée des espaces dans lesquels on est conviés à entrer, tels que les véhicules, terriens ou volants… Leurs structures sont ainsi activées par l’expérience physique du public.
Les travaux d’Andreas Kressig se parcourent tels les éléments d’un jeu de piste, la réutilisation des matériaux qu’il découpe, désassemble, puis réunit et reconstruit, servant de fil rouge entre les pièces. En toile de fond, son travail révèle une constante conscience écologique.Ses œuvres se nourrissent également de jeux de lumière de bougies aux surfaces réfléchissantes, de paillettes ou panneaux solaires, révélant les clairs-obscurs et les scintillements du site qui les accueille.Extrait du texte de Nolwenn Mégard

Voir son dossier édité par Documents d’artistes Genève : https://dda-geneve.ch/fr/artistes/andreas-kressig/oeuvres

Jean-Claude Jolet 

Né en 1958. Vit et travaille à La Réunion.

C’est en observateur du monde et de ses constructions sociales que Jean-Claude Jolet élabore ses projets. Sculpteur d’origine, ses réalisations vont de la photographie à l’objet composé en passant par l’installation d’envergure architecturale, convoquant une dramaturgie humaine par la mise en abyme d’objets culturels ou politiques. Sans collision aucune, les œuvres de Jean-Claude Jolet murmurent à qui veut l’entendre une marche possible du monde, en perpétuelle construction entre mouvements et replis. Matériaux manufacturés en tout genre mais aussi éléments naturels bruts s’organisent ainsi en « sculptures mentales », sobres et délicates, empruntant la précision du technicien, l’ingéniosité du bricoleur et la sensibilité du poète.
Laetitia Espanol, 2020.

Voir son dossier édité par Documents d’artistes La Réunion : https://ddalareunion.org/fr/artistes/jean-claude-jolet/oeuvres

Guy Gabon

Née en 1967. Vit et travaille en Guadeloupe et à travers le monde.

Éco-designeuse et plasticienne, Guy Gabon réfléchit, recherche, expérimente et questionne les déséquilibres générés par notre société de consommation et ses enjeux (politiques, sociaux, sociétaux et écologiques). Elle manifeste l’urgence de repenser et d’agir autrement, de manière plus solidaire et responsable, en faisant appel notamment à l’émotion pour interpeller les publics. Son travail est résolument pluri- et transdisciplinaire. Il la conduit à imaginer et mettre en œuvre des expérimentations artistiques protéiformes. Précurseure du land art en Guadeloupe, elle crée dans le paysage, qu’il soit naturel ou urbain, afin de mieux témoigner des nouveaux rapports que nourrit la société. Elle aime intervenir dans l’espace public pour redonner à l’humain une place centrale dans l’œuvre et démocratiser le rapport à l’art. Son art, tantôt alerteur, dénonciateur ou médiateur, est résolument poétique.

Site de l’artiste : https://guygabon.com/